Cela fait des mois que je suis plongé dans cette histoire, et plus je lis, plus je me convaincs que celle qu'on nous a racontée ne ressemble en rien à celle qui s'est produite. C'est de là que sort cet article, et de là que sort mon nouveau livre : Antoine et Cléopâtre — Sexe · Sang · Amour · Mort, le grand amour qui embrasa un empire. La couverture que vous voyez ici à côté est ma préférée, avec son clin d'œil à Hollywood et aux yeux violets d'Elizabeth Taylor ; mais le dernier mot ne m'appartient pas, il vous appartient. À la fin de l'article je vous explique comment.

Nous avons tous cette scène gravée en tête : les deux amants morts, enlacés dans son mausolée à Alexandrie, le serpent qui rôde, le poison partagé, les suivantes en pleurs et le grand amour qui va au-delà de la mort. Rideau.
Eh bien non. Cela ne s'est pas passé ainsi. Et la vérité vraie, celle des minutes qui s'égrènent, est infiniment meilleure que la fiction hollywoodienne.
Entre la mort de Marc Antoine, survenue à Alexandrie le 1er août de l'an 30 avant Jésus-Christ, et celle de Cléopâtre, dans la même ville le 10 août, il s'est écoulé neuf jours. Neuf jours pendant lesquels elle est restée en vie, à négocier, à calculer, prisonnière de l'homme qui venait de les détruire tous les deux. Neuf jours qu'Hollywood a effacés du scénario parce qu'ils gâchaient la fin romantique, et qui sont, de loin, ce qu'il y a de plus extraordinaire dans toute cette histoire.
Et ce n'est pas la première fois que le cinéma comprime le temps jusqu'à le déformer. Entre la prise de la Bastille et la guillotine de Louis XVI, il s'écoula quatre ans, non pas un après-midi. Vercingétorix se rendit à Alésia puis passa six ans à pourrir dans un cachot sous le Capitole avant qu'on ne l'étrangle. Un film dure deux heures : il faut agglomérer les événements et laisser croire qu'ils furent consécutifs. Ils ne le furent pas.
Reconstruisons-les ensemble. Et au passage, abattons trois autres mensonges sur Antoine et Cléopâtre qui tiennent debout depuis deux mille ans.
Neuf jours : ce qui s'est vraiment passé
1er août de l'an 30 avant Jésus-Christ. Alexandrie est tombée. Cléopâtre s'enferme dans son mausolée avec ses trésors et avec les deux seules personnes en qui elle a confiance —ses suivantes Iras et Charmion— et fait courir le bruit qu'elle est morte. On ne sait pas bien si c'est par tactique, par désespoir, ou les deux.

La nouvelle parvient à Antoine, et il fait la seule chose qu'un Romain de son rang doit faire devant la défaite : il se jette sur sa propre épée. Et il se rate. Il ne fait que se percer les entrailles. Un général avec trente ans de campagnes manque le seul coup qu'il n'aurait jamais dû manquer : il s'ouvre le ventre, saigne énormément et ne meurt pas.
Ici, je vais me permettre une licence. Les sources racontent en détail ce qu'Antoine fit ce jour-là, mais aucune ne consigne ce qu'il pensa. Je l'imagine donc, avec une touche d'humour macabre :
« Mais, mais… qu'est-ce qu'ils viennent de dire, ces fils de chienne ? Qu'elle est vivante ? Maudits soient tous les dieux de ces eunuques égyptiens. Quelle bêtise ils m'ont fait faire en m'apportant une fausse nouvelle, une fake news. Je me suis ouvert la panse et je me vide de mon sang comme un cochon à l'abattoir. Et tout ça pour rien. Elle, pendant ce temps, doit être en train de prendre l'apéritif avec Charmion et Iras, avec ce petit vin doux de Sicile qu'elle aime tant. »
Et s'il n'a pas pensé exactement cela, ce fut à coup sûr quelque chose de très proche.
Ce qui suit n'est pas la scène qu'a peinte Hollywood. Ils ne peuvent pas ouvrir les portes du mausolée —Cléopâtre les a barricadées de l'intérieur et n'entend pas risquer que les soldats d'Octave entrent derrière la civière—, la seule voie est donc la fenêtre. On lance des cordes. Et ce sont trois femmes menues et seules qui tirent dessus : la reine, Iras et Charmion.

En dessous pend, tournant lentement dans l'air, un général romain de cinquante-trois ans, lourd comme un bœuf, trempé de son propre sang et déjà incapable d'articuler une phrase. Cléopâtre tire, les mains à vif et la corde lui mordant les doigts ; toutes trois se suspendent de tout le poids de leur corps, glissent, tirent de nouveau. Plutarque rapporte le verdict de ceux qui regardaient d'en bas : il n'y avait au monde spectacle plus digne de pitié. L'homme qui se croyait descendant d'Hercule finit hissé par une fenêtre comme un ballot de marchandise.
Il meurt là-haut, dans ses bras, quelques minutes plus tard.
Et c'est alors que commence ce que personne ne raconte. Cléopâtre VII ne le suit pas dans la mort. Que ce soit par instinct de survie, par calcul politique, ou par l'espoir secret de séduire aussi —après Jules César et Marc Antoine— ce troisième Romain qu'est le jeune Octave, la reine décide de rester en vie et de négocier.
Octave lui envoie un officier, Proculeius. Elle refuse d'ouvrir : elle lui parle à travers la porte, réclamant le trône d'Égypte pour ses enfants. C'est un piège. Le lendemain, pendant qu'un autre envoyé la retient en bas à parler, Proculeius appuie une échelle de corde contre la façade et entre par la fenêtre même par laquelle on avait hissé Antoine agonisant. Quand une suivante crie « malheureuse Cléopâtre, on t'a prise vivante ! », la reine porte la main à son poignard. Il se jette sur elle, la désarme et secoue ses vêtements au cas où elle cacherait du poison.
Que ce soit bien clair, car cela change le sens de tout ce qui suit : Cléopâtre n'est pas sortie du mausolée, on l'en a tirée de force. À partir de ce moment, c'est une prisonnière surveillée jour et nuit précisément pour qu'elle ne se tue pas.
Et malgré tout elle tient plus d'une semaine en jouant sa dernière partie. Elle enterre Antoine. Elle reçoit Octave en personne et lui remet les inventaires de son trésor ; et quand son propre intendant la dément devant le Romain, elle se jette sur lui à coups de gifles, un détail qui a le goût de la vie et non de la légende. Elle supplie pour ses enfants. Jusqu'à ce qu'elle comprenne la seule chose qu'elle ne peut supporter : qu'Octave la garde en vie pour l'exhiber enchaînée dans son triomphe à travers Rome.
Ce jour-là, elle décide de mourir. Non par amour : par souveraineté. C'est le dernier geste politique d'une reine qui arrache au vainqueur le joyau de son triomphe. Neuf jours après Antoine, et pas une minute avant d'avoir épuisé toutes ses cartes.
L'aspic qu'Octave vous a vendu
Deuxième mythe à terre, et celui-là fait mal.
Le médecin Olympos était présent et a laissé un récit écrit : il ne mentionne aucun serpent. Strabon, Plutarque et Dion Cassius parlent de poison : un onguent, peut-être une épingle creuse. Et la toxicologie moderne achève le travail. Le cobra égyptien mesure entre un mètre cinquante et deux mètres cinquante, impossible à cacher dans un panier de figues ; sa morsure est lente et incertaine, et ne colle pas avec le fait de tuer rapidement trois femmes, car avec la reine moururent aussi ses deux suivantes, Iras et Charmion, dont nous parlerons dans un instant.
Les chercheurs penchent pour un cocktail de ciguë, d'aconit et d'opium. Et voici la clé qui referme tout : Cléopâtre avait étudié les poisons pendant des années, les essayant sur des condamnés à mort, cherchant exactement lequel tuait sans douleur et sans convulsions. On lui attribua même un recueil de remèdes et de cosmétiques que Galien citait encore des siècles plus tard. Sa mort ne fut pas un élan romantique : ce fut la dernière décision technique de l'un des esprits les mieux formés de son siècle.
D'où sort alors l'aspic ? D'Octave. Lors de son défilé triomphal, ne pouvant exhiber la reine vivante, il exhiba une effigie de Cléopâtre avec le serpent enroulé autour du bras. Cette image de propagande fonctionne depuis deux millénaires. Comme l'a écrit l'une de ses biographes, la légende de l'aspic est trop belle pour mourir.
Iras et Charmion : les deux qui pouvaient se sauver et ne l'ont pas voulu
Et ici il faut s'arrêter, car dans cette histoire il y a deux noms dont presque personne ne se souvient et qui ont gagné le droit de ne pas être oubliés : Iras et Charmion.
Ce n'étaient pas des esclaves anonymes. C'étaient les deux femmes de confiance de la reine, ses coiffeuses et dames de chambre selon les sources, et leur influence était si réelle que la propagande de Rome s'en servit comme d'une arme : les ennemis d'Antoine ricanaient en disant que l'empire d'Orient était gouverné par « Iras, la coiffeuse de Cléopâtre, et Charmion ». Ils voulaient l'humilier. Ce qu'ils obtinrent, ce fut de laisser une trace du fait que ces deux femmes avaient l'oreille de la reine la plus puissante du monde.
Ce furent les seules que Cléopâtre laissa entrer dans le mausolée. Ce furent elles qui, les mains à vif, tirèrent sur les cordes pour hisser par la fenêtre le corps énorme et agonisant de Marc Antoine. Et ce furent elles qui restèrent à ses côtés pendant les neuf jours de négociation avec Octave.
Et voici maintenant la partie qui m'a obligé à leur écrire un chapitre entier. Aucune des deux n'était condamnée. Octave ne les voulait pas mortes : il les voulait vivantes, comme témoins, comme domesticité, comme butin mineur d'un triomphe dont le véritable trophée était la reine. Elles pouvaient sortir du mausolée sur leurs deux jambes et continuer à vivre. Leur maîtresse le leur dit. Elles pouvaient se sauver.
Elles sont restées.
Quand l'envoyé d'Octave enfonce la porte, il trouve Cléopâtre morte sur son lit d'or, vêtue en reine et le diadème sur la tête ; Iras déjà morte à ses pieds ; et Charmion, chancelante, mourante, redressant de ses dernières forces la couronne sur le front de sa reine pour qu'aucune main romaine ne la trouve mal coiffée.
Le Romain, furieux, lui crache : « Tu trouves cela beau, Charmion ? ».
Et elle, avant de s'effondrer morte sur sa reine, lui répond :
« Beau, oui. Et tout à fait digne d'une grande reine, descendante de tant de rois. »
Et elle mourut.
Deux mille ans plus tard, cela reste, à mon goût, la dernière phrase la plus parfaite jamais prononcée par qui que ce soit. Ni Antoine, ni Cléopâtre, ni Octave : la meilleure sortie de cette histoire est signée par une servante. C'est pourquoi, dans mon livre, Iras et Charmion ne sont pas des figurantes. Elles ont un nom, elles ont une voix et elles ont des adieux.
Le tapis qui n'a jamais existé
Troisième mythe. An 48 avant Jésus-Christ : Cléopâtre doit entrer dans son propre palais occupé sans se faire égorger en chemin.
Plutarque est très précis : son ami sicilien Apollodore la fourra dans un sac de literie, un vulgaire sac de matelassier, et se le chargea sur l'épaule comme quelqu'un qui livre le linge. Elle en sortit, décoiffée, aux pieds de César : vingt et un ans elle, cinquante-deux lui. Le tapis persan est une invention du cinéma.
Moins de glamour et plus d'audace. Toute son histoire vraie est ainsi.
Son arme secrète n'était pas la beauté
Quatrième mythe, et le plus gênant. Plutarque, qui put parler avec des gens ayant côtoyé ceux qui l'avaient connue, le dit sans anesthésie : sa beauté n'était pas incomparable. Les monnaies qu'elle fit elle-même frapper montrent un nez fort et un menton marqué.
Alors, comment a-t-elle fait plier les deux hommes les plus puissants du monde ? Avec le cerveau et avec la voix. Plutarque la décrit comme « un instrument à plusieurs cordes » : elle parlait tant de langues qu'elle traitait sans interprète avec des Éthiopiens, des Arabes, des Hébreux, des Mèdes et des Parthes, et elle fut la première reine de sa dynastie en trois cents ans à se donner la peine d'apprendre l'égyptien, la langue de son propre peuple.
Ce n'était pas une séductrice de cinéma. C'était la femme la plus intelligente de la Méditerranée assise sur le pays le plus riche du monde. C'est cela, et non un décolleté, qui faisait trembler Rome.
Le poisson salé du Pont
Et maintenant, pour que tout ne soit pas que sang et poison, la scène qu'aucun scénariste n'a osé tourner. C'est Plutarque qui la raconte.
Alexandrie, dans les années dorées. Antoine et Cléopâtre sortent pêcher avec la cour. Antoine n'attrape pas le moindre mérou, et un général ne supporte pas de perdre, même à cela : il soudoie des plongeurs pour qu'ils lui accrochent sous l'eau des poissons vivants à l'hameçon. Miracle : il sort prise sur prise. Cléopâtre voit tout, ne dit rien… et le lendemain organise une nouvelle partie de pêche. Quand Antoine tire triomphalement sur sa canne, à l'hameçon pend un poisson salé du Pont : un hareng en saumure, acheté au marché.
Éclat de rire général. Et alors elle lui offre l'une des phrases les plus élégantes jamais dites à un homme humilié :
« Général, laisse la canne aux roitelets de Pharos ; ta proie, ce sont des villes, des royaumes et des continents. »
Transformer la moquerie en le plus grand des compliments : voilà ce qu'était Cléopâtre.
Les inimitables : la société secrète qui a vraiment existé
Gardez cette anecdote en tête, car elle reviendra à la fin de l'article.
Antoine et Cléopâtre fondèrent ensemble un club. Un vrai, avec un nom grec : les Amimetobioi, « ceux de la vie inimitable ». Il n'y avait qu'une seule règle : chaque jour, un excès digne d'être raconté. Des banquets avec huit sangliers rôtissant en décalé pour que l'un soit à point à l'heure imprévisible où la reine aurait faim. Des sorties nocturnes incognito dans Alexandrie —lui déguisé en esclave, elle en servante— à faire des farces sous les porches, tandis que les Alexandrins, qui les reconnaissaient parfaitement, entraient dans le jeu : pour Rome, le masque de la tragédie ; pour nous, celui de la comédie.
Et quand la ruine frappa à la porte, ils ne dissolurent pas le club sans plus. Ils le refondèrent sous un autre nom, et ce second nom me donne la chair de poule chaque fois que je l'écris : les Synapothanoumenoi. « Ceux qui mourront ensemble. »
De la vie inimitable à la mort partagée. Même Shakespeare ne fait pas mieux.
La scène qui m'a brisé pendant que j'écrivais
Et je vous laisse la dernière, la plus humaine de toutes, celle que presque personne ne connaît.
Quand tout fut terminé —Antoine mort, Cléopâtre morte, Césarion exécuté sur ordre d'Octave à dix-sept ans parce que « deux Césars, c'est un de trop »— il resta trois enfants orphelins : les jeunes enfants d'Antoine et Cléopâtre. Savez-vous qui les recueillit, les éleva dans sa maison de Rome et les mena à l'âge adulte comme ses propres enfants ?
Octavie. L'épouse romaine d'Antoine. La femme qu'il avait abandonnée pour Cléopâtre.
Elle éleva les enfants de sa rivale aux côtés des siens, sans distinction. Les sources antiques, qui ne font aucun cadeau, l'appellent « un prodige de femme ». Quand j'ai écrit cette scène —Octavie tressant les cheveux de la fille de Cléopâtre dans un jardin de Rome— j'ai dû me lever de mon bureau.
Le livre qui arrive à Noël
Tout cela, et bien plus encore —la perle dissoute dans le vinaigre, la langue de Cicéron transpercée par l'épingle d'or de Fulvie, la barque aux voiles pourpres remontant le fleuve de Tarse, les trois jours de silence d'Antoine à la proue d'un navire—, c'est Antoine et Cléopâtre — Sexe · Sang · Amour · Mort, le premier volume de ma nouvelle série Roma Stupor Mundi : l'histoire de Rome racontée à travers ses deux meilleurs chroniqueurs, Suétone et Plutarque, avec la rigueur des sources et le rythme d'un roman.
Je suis en train de l'écrire. Il sort à Noël 2026, en six langues. Et voici l'invitation.
Rejoignez les inimitables
Antoine et Cléopâtre avaient leur club secret. Ce livre a le sien aussi.
J'ouvre le Club des Inimitables : un groupe réservé de lecteurs qui ne liront pas ce livre une fois terminé, mais le vivront pendant qu'il s'écrit, et y mettront la main. Privé, parce qu'il faut un mot de passe ; mais ouvert à tous ceux qui veulent s'inscrire.
À commencer par la couverture que vous avez vue plus haut : celle avec le clin d'œil à Elizabeth Taylor est ma préférée, mais il y aura d'autres candidates et nous déciderons tous ensemble. Les membres reçoivent, directement dans leur boîte mail :
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« Chaque jour, un excès digne d'être raconté. » Telle était la règle des inimitables. La mienne est plus modeste : chaque chapitre, une histoire qu'on ne vous a pas racontée.
On se voit à l'intérieur.
Sources et références
- Plutarque, Vie d'Antoine (Ier–IIe siècles apr. J.-C.), source principale du siège d'Alexandrie, du hissage d'Antoine dans le mausolée, de l'épisode du poisson salé, du sac de literie et de la dernière réplique de Charmion.
- Dion Cassius, Histoire romaine, livres L–LI, pour la capture de Cléopâtre par Proculeius et le défilé triomphal d'Octave à Rome.
- Strabon, Géographie, XVII, témoignage presque contemporain sur la mort de la reine et les deux versions qui circulaient déjà.
- Olympos, médecin de Cléopâtre, cité par Plutarque : récit d'un témoin oculaire qui ne mentionne aucun serpent.
- Suétone, Vie d'Auguste, pour l'exécution de Césarion et la conduite d'Octavie envers les orphelins.
- Historiographie moderne sur Cléopâtre VII, sa formation en pharmacologie et en toxicologie, et la critique de l'épisode de l'aspic comme image de propagande augustéenne.
Dans cet article, il n'y a AUCUNE fiction
Les faits sont ceux qui sont documentés. Marc Antoine se blessa avec sa propre épée après la fausse rumeur de la mort de Cléopâtre, et fut hissé à l'aide de cordes jusqu'à la fenêtre du mausolée, où il mourut : c'est Plutarque qui le raconte. Cléopâtre fut capturée vivante par Proculeius, qui entra par cette même fenêtre avec une échelle, et mourut neuf jours après Antoine, le 10 août 30 av. J.-C., aux côtés d'Iras et de Charmion. Les dates, la négociation avec Octave, le projet de l'exhiber au triomphe, le sac de literie d'Apollodore, le poisson salé du Pont, les Amimetobioi et les Synapothanoumenoi, ainsi que l'éducation des orphelins par Octavie, figurent tous dans les sources citées ci-dessus. Sur la cause exacte de la mort, il n'y a aucun témoin : les sources antiques doutaient déjà, et c'est pourquoi cet article raisonne à partir de ce que nous savons —le silence du médecin Olympos, l'incompatibilité du cobra avec trois morts rapides et la formation toxicologique de la reine— pour conclure que le poison est plus probable que le serpent. Le seul passage inventé est signalé comme tel dans le texte lui-même : le monologue intérieur d'Antoine blessé, qu'aucune source ne rapporte et qui est offert ici ouvertement comme une licence de l'auteur. Les commentaires et appréciations du narrateur font partie de la voix artistique et littéraire personnelle de l'auteur David S. Matrecano.

